MAS 36
L’armée française fut parmi les premières à adopter les munitions sans fumée pour fusils sous la forme de cartouches Lebel de 8 mm en 1886. Au début des années 1920, cette cartouche à rebord devint obsolète, et les Français commencèrent à développer une cartouche sans rebord plus moderne, mieux adaptée aux mitrailleuses légères proposées. En 1924, l’armée française disposait de la nouvelle cartouche de 7,5 mm, mais celle-ci s’est avérée infructueuse et, en 1929, la version mise à jour de la munition de 7,5 mm a été adoptée sous le nom de Cartouche Mle.1929C (7,5 x 54 mm). À la même époque, les Français développèrent également une mitrailleuse légère, la MAC 1929. Au départ, les Français tentèrent de convertir les anciens fusils Berthier de 8 mm pour les adapter aux nouvelles munitions, mais il apparut clairement que le nouveau fusil était plus adapté à l’infanterie française. En 1936, l’armée française adopta officiellement le fusil à verrou MAS Mle.1936 (MAS-36), développé par la Manufacture d’Armes de Saint-Étienne. Plus tard, les forces françaises adoptèrent la version modifiée pour les parachutistes, connue sous le nom de MAS-36 CR 39. Cette version se distinguait du fusil de base par sa crosse en aluminium, qui pouvait être repliée sous la garde-main. Ce fusil a été utilisé par les forces armées françaises jusqu’à ce qu’il soit remplacé par les fusils semi-automatiques MAS-49 et MAS-49/56 dans les années 1950 et 1960. Le fusil MAS-36 a été produit jusqu’au milieu des années 1950. Le mécanisme du MAS-36 a également servi de base aux fusils de précision FR F-1 et FR F-2, qui sont toujours en service dans les forces armées françaises. À partir de 1951, certains fusils MAS-36 ont été convertis ou transformés en modèle MAS-36/51, en y ajoutant des lance-grenades fixes et des viseurs pour grenades à fusil. Le lance-grenades était fixé à la bouche du canon et servait à lancer des grenades à fusil à l’aide de munitions spéciales à blanc. Un viseur de grenade rabattable était fixé sur le côté gauche de la base du guidon.
Le MAS-36 est un fusil à verrou rotatif, à alimentation manuelle et à chargeur. Le verrou rotatif comporte deux ergots opposés, situés à l’arrière du corps du verrou. Le verrou se verrouille dans les parois du récepteur, la poignée du verrou est située à l’arrière du verrou et est inclinée vers l’avant pour une utilisation plus confortable. Le récepteur de forme carrée est usiné à partir d’acier et contient un chargeur intégré. Le chargeur est chargé à l’aide de clips de chargement ou de cartouches individuelles, avec des guides de clips usinés dans le pont du récepteur. La crosse en bois est composée de deux parties (crosse et garde-main), toutes deux reliées à la carcasse non recouverte. La baïonnette en forme de pointe est rangée dans le tube situé sous le canon en position inversée lorsqu’elle n’est pas utilisée. Le viseur dioptrique est situé à l’arrière de la carcasse et gradué de 100 à 1 200 mètres par incréments de 100 mètres. La caractéristique la plus remarquable du MAS-36 est sans doute l’absence de sécurité manuelle : le fusil devait être transporté avec un chargeur vide et n’être chargé qu’avant le combat proprement dit.
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